La première prérogative du Département est essentielle : il constitue l’échelon des solidarités humaines. Les politiques départementales impactent, peut-être encore plus qu’à d’autres niveaux, la vie des enfants, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, des familles en situation de précarité.

Pour faire valoir leurs droits, les habitant-es doivent pouvoir identifier et accéder facilement aux institutions compétentes. Or, dans les Hauts-de-Seine, le Département délaisse les services sociaux de proximité. Dans le cadre de la réorganisation du pôle Solidarités, les EDAS et PMI, points d’ancrage de l’action sociale sont regroupées, s’éloignant des usagers. Nous n’avons eu de cesse de nous y opposer et de le dénoncer.

Le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales sur le contrôle de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), rendu public le mois dernier, pointe les limites de cette réforme. La réorganisation induit de la confusion chez les usagers dans l’identification des structures et des professionnels auxquels ils peuvent s’adresser pour leurs démarches, ce qui peut se traduire par un non-recours aux droits.

Ce rapport souligne aussi les effets durables de cette politique sur les ressources humaines. En l’espace d’un an et demi, 30% des professionnels de l’ASE ont quitté leurs fonctions, le nombre de postes vacants est désormais considéré « critique ». Des services en sous-effectifs et en situation d’épuisement professionnel peuvent difficilement répondre aux demandes urgentes de populations fragilisées par la crise sociale actuelle.

L’éloignement des habitants s’opère encore à un autre niveau, celui de la prise de décisions.  Aujourd’hui, sur des sujets tels que l’accompagnement vers le retour à l’emploi, la perte d’autonomie des personnes âgées, l’adoption d’enfants… ce sont dans de nouvelles instances que les politiques départementales sont discutées, en-dehors des séances publiques ou des commissions permanentes. Une raison de plus pour laquelle nous sommes opposés au projet de fusion avec les Yvelines.

Les élu.e.s de notre groupe continueront à se battre pour que le Département soit au rendez-vous des besoins des habitants des Hauts-de-Seine, d’autant mieux qu’il en a les moyens !