Monsieur le Président, chèr-es collègues,

Tout d’abord, ce rapport prévoit la création d’un poste de « conseiller référent social ». Ce conseiller effectuerait des missions de travailleur social sans en être un. S’agissant d’un emploi hors cadre, il sera moins protégé et touchera un salaire inférieur à celui prévu pour ce type de poste, c’est ce qu’on appelle communément « un emploi précaire ». Les 13 premiers postes créés à titre expérimental seront remplis par des intérimaires actuellement en activité.

Aujourd’hui, en 2021, dans les Hauts-de-Seine, ont fait recours à des boîtes d’intérim pour accompagner des familles, des enfants, des hommes et des femmes. Au cœur des sujets que nous interviendrons en fin de séance.

Ensuite, ce rapport prévoit que l’ensemble des postes du Pôle Solidarité soient ouverts aux contractuels.

Ces mesures sont justifiées par « la pénurie de profils idoines sur le marché de l’emploi », notamment dans le cadre de la crise sanitaire.

Or, cette situation est loin de s’expliquer tout simplement par la conjoncture. Elle résulte de choix, elle est la conséquence de la politique de réorganisation du pôle social mise en place depuis 2019. Ce constat est celui de l’IGAS dans son rapport publié en janvier. En un an et demi on décompte -30% d’effectifs rien que pour l’ASE. En décembre 2020 il y avait 130 postes de travailleurs sociaux vacants en SST. Je me permets de rappeler qu’il s’agit ici de professionnels qui exercent ces métiers d’ailleurs souvent par vocation. Ils cherchent un sens dans leur travail.

Ils, et je dirais plutôt elles, sont partis manifestement car ces conditions n’y étaient plus. Il va sans dire qu’elles n’ont été ni préparées ni associées à cette réorganisation. Résultat : 1 puéricultrice contre 4 auparavant sur le site de Levallois et 1 contre 6 sur le site de Clichy ; 3 AS contre 12 sur le SST11. Cette situation n’est ni normale ni acceptable.

Nous alertons cette assemblée depuis longtemps sur ce sujet. C’est la mission du Département d’assurer la continuité de ses services. Ce ne sont pas juste les actions de communication ni les visites d’écoles qui vont accroître l’attractivité du Département auprès des professionnels qui ont été poussés au départ.

Le recours aux contractuels ne pourra pas régler ce problème sur le long car il est avant tout structurel. Nous demandons que le Département :

  • tienne compte des demandes des professionnels, ceux-ci souhaitent faire partie d’une équipe pluridisciplinaire, tout en gardant les spécificités de leurs métiers ;
  • commande un audit d’attractivité des métiers psycho-sociaux ;
  • déploiement d’un plan de formation et de titularisation des contractuels ;
  • la mise en place des formations complètes et de qualité en matière de protection de l’enfance ;
  • adopte un schéma d’emplois pluriannuel en lieu et place du remplacement des départs au cas par cas pour raccourcir les délais de recrutement.

Je crois que sans cela, le rythme des recrutements ne pourra pas assurer le redressement des effectifs ni attirer des professionnels qualifiés.

Nous nous abstiendrons. Je vous remercie.